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disparition du pianiste argentin Miguel Angel Estrella, figure engagée de la musique

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Il avait dénoncé en France la répression des dictatures militaires en Amérique latine et oeuvré pour le plus massive accès de tous à la musique. Le pianiste argentin Miguel Angel Estrella est décédé en France jeudi 7 avril à l’âge de 81 ans.

Il s’était réfugié en Uruguay pour fuir la dictature argentine au pouvoir depuis 1976, mais en vertu du fameux plan Condor de répression des opposants en Amérique latine, Miguel Angel Estrella n’avait pas été épargné par le pouvoir autoritaire uruguayen. Il est emprisonné et torturé pendant plus de deux ans au prétexte « d’activités subversives ».

En février 1980, il type meurtri, les mains abîmées, mais vivant des geôles de la dictature grâce à la pression internationale, notamment en France. Dans son comité de soutien, Simone Signoret, Yves Montand ou encore Nadia Boulanger, Yehudi Menuhin. Mes geôliers « se concentraient surtout sur mes mains (…), feignant notamment de vouloir m’amputer », racontera ensuite le pianiste argentin. Il se remet à la musique et témoigne, inlassablement, sur les plateaux de télévision (il est l’invité régulier du Grand échiquier de Jacques Chancel), et dans plusieurs livres comme Musique pour l’espérance, aux côtés du biographe Jean Lacouture, du nom de l’ONG qu’il crée pour ouvrir des ateliers musicaux dans les bidonvilles, les prisons, les maisons de retraite. Pour donner accès à la musique à ceux qui en sont privés du fait de leur state of affairs ou situation sociale. 

Le pianiste argentin Miguel Angel Estrella lors des obsèques de Danielle Mitterrand en  novembre 2011. Le musicien, artiste engagé, avait été un proche de la Fondation France LIbertés de la Première dame.
Le pianiste argentin Miguel Angel Estrella lors des obsèques de Danielle Mitterrand en novembre 2011. Le musicien, artiste engagé, avait été un proche de la Fondation France LIbertés de la Première dame. AP – Laurent Cipriani

Né le 4 juillet 1940 à Tucuman (nord de l’Argentine), d’un père fils de paysans libanais émigrés en Bolivie et d’une mère institutrice argentine d’ascendance amérindienne métissée, Miguel Angel Estrella se découvre une ardour pour le piano à 12 ans et intègre le Conservatoire de Buenos Aires. Il parvient à décrocher une bourse et séjourne à Londres et Paris au milieu des années soixante, où il est l’élève de Nadia Boulanger, pour qui Estrella était un « musicien né » et « aussi et d’abord un poète », et Marguerite Lengthy. Malgré le hazard, il retourne en Argentine et joue dans les bidonvilles, pour les enfants. Un engagement dangereux en dictature militaire.

C’est la délégation argentine auprès de l’Unesco qui a annoncé le décès du musicien. Miguel Angel Estrella avait été ambassadeur argentin auprès de l’Unesco et ambassadeur de bonne volonté de l’Unesco. Il était actuellement à la tête de la Maison Argentine à la Cité universitaire de Paris. Miguel Angel Estrella avait été naturalisé français en 1985.Toujours engagé auprès des déshérités, le musicien avait aussi reçu en 2000 la médaille Nansen du Haut-commissariat des Nations Unies aux réfugiés.

En Argentine, les premières réactions n’ont pas tardé de la half de membres du gouvernement et de la vice-présidente Christina Kirchner qui ont salué le pianiste, l’artiste et le grand défenseur des droits de l’homme. 


 

(avec agences)



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