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l’avenir reste désormais à construire

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C’est un score sans appel censé clore des années de débat autour des relations vis-à-vis de la France. Le « non » à l’indépendance l’a donc emporté dimanche à 96% lors du troisième et dernier référendum sur la question en Nouvelle-Calédonie. Un scrutin boycotté par le camp indépendantiste et marqué par une très forte abstention. Ce lundi, les indépendantistes regroupés au sein du Comité stratégique indépendantiste de non participation on déclaré ne pas reconnaître « la légitimité et la validité de ce scrutin ».

Les deux camps vont désormais devoir se remettre autour de la table. Sébastien Lecornu le ministre des Outre-mer est sur place à Nouméa, prêt à discuter. Le gouvernement a prévu une période de transition de 18 mois, un an et demi pour remplacer l’Accord de Nouméa qui est arrivé à son terme, par un nouveau statut avec un référendum, au bout du compte au plus tard en juin 2023, rapporte notre envoyé spécial à Nouméa, Julien Chavanne. Les inégalités sociales, les difficultés financières, l’axe indo-pacifique… Emmanuel Macron a dressé la liste des questions à aborder, il y a des sujets très sensibles aussi à régler, celui du corps électoral qui détermine qui peut voter notamment.

►À lire aussi : Nouvelle-Calédonie: écrasante victoire du «non» à l’indépendance, sur fond d’abstention record

Au soir même de la consultation, la leader non-indépendantiste Sonia Backès a mis d’emblée le sujet qui fâche sur la table : le gel du corps électoral qui prévoie une durée de résidence pour pouvoir voter aux principales élections locales, exception faite des municipales, détaille notre correspondante sur place, Charlotte Mannevy.

Pomme de discorde depuis les années 80, ce gel est jugé antidémocratique par les partisans du « non » mais aussi par ceux du « oui ». Pour les indépendantistes qui estiment avoir fait leur part en acceptant que les populations non-autochtones participent aux élections, ouvrir le corps électoral reviendrait à noyer la revendication indépendantiste.

Le combat pour l’indépendance continue

Le fil du dialogue ne va cependant pas reprendre tout de suite. Les indépendantistes regroupés au sein du Comité stratégique indépendantiste de non participation « ne reconnaissent pas la légitimité et la validité de ce scrutin qui leur a été confisqué. Ce référendum n’est pas conforme à l’esprit et à la lettre de l’accord de Nouméa », ont-ils finalement indiqué dans un communiqué..


On peut considérer que ce dernier référendum est un signe un peu d’échec des indépendantistes. Si jamais il y a eu ce refus, ce rejet de participer au référendum c’est aussi parce que le contexte politique n’était pas du tout porteur au vu des difficultés du gouvernement néo-calédonien face à la crise. Très clairement s’il n’y avait pas eu de boycott, ça n’aurait pas empêché le « Non » de l’emporter, donc c’est un peu une sortie par le bas pour les indépendantistes, maintenant l’avenir reste à construire.

Benjamin Morel, politologue à l’Université de Paris II Panthéon-Assas et docteur en science politique

En réalité, les élus calédoniens de tous bords vont laisser passer la présidentielle française avant de parler de l’avenir institutionnel de la Calédonie, le temps de digérer la fin d’un processus engagé, il y a maintenant trois décennies. « Nous avons quatre mois pour peaufiner notre projet » lançait dimanche Roch Wamytan, figure du FLNKS et actuel président du Congrès. 

Le gouvernement l’a bien compris, il va laisser passer le temps d’un « sas de décompression ». À Nouméa, Sebasien Lecornu devrait maintenant simplement préciser le calendrier des discussions, un premier pas sur un nouveau chemin.

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