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le «dry january» entre l’absence de soutien de l’État et le poids des lobbies viticoles

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Le « mois sans alcool » a commencé ce samedi 1er janvier et durera tout le mois de janvier. Une opération qui n’a toujours pas droit au soutien de l’État contrairement à des campagnes de même nature contre le tabagisme.

Lancé pour la troisième année consécutive en France, sur le modèle d’opérations semblables dans le monde anglo-saxon et scandinave, le « Dry January » fonctionne sur un principe simple : ne pas boire d’alcool pendant tout le mois de janvier. La période est propice à faire une pause, après des fêtes souvent marquées par une importante consommation d’alcool. Mais le but n’est pas uniquement de reposer son organisme, c’est de se rendre compte par soi-même de ce qui change dans un quotidien sans alcool.

Ce type de campagne fait de plus en plus ses preuves en matière de santé publique. Au lieu de mettre l’accent sur les risques représentés par une substance, ici l’alcool, la campagne insiste sur les avantages à ralentir sa consommation. Les participants sont aussi stimulés par un défi qui rassemble de nombreuses personnes au même moment. Le « Dry January » ne vise pas à définitivement inciter à une abstinence totale.

Une campagne ni portée ni soutenue par l’État

Mais, en France, la réalité est bien différente entre les deux opérations. Le « Mois sans tabac » est soutenu depuis des années par l’État, via l’agence Santé publique France, alors que le « Dry January » n’est le fait que d’associations, certes rejointes par plusieurs municipalités comme celle de Lyon.

Christian Andreo est à l’origine du lancement de ce mois sans alcool en France et il déplore, au micro de Louis Augry, du service Économie, une influence du monde viticole sur ce manque de soutien de l’État: « Que l’opération ne plaise pas aux lobbies viticoles, c’est sans doute un fait. L’opération ne vise pas à supprimer la consommation d’alcool dans le pays, et ne vise même pas à l’accès à l’abstinence individuelle. »

Pour Christian Andreo, ce mois sans consommation permet de voir si l’on est capable de passer un mois sans boire, d’analyser la place qu’occupe l’alcool dans son quotidien, dans sa sociabilité.

« Ce n’est pas une campagne qui s’attaque directement à une industrie. Il doit pouvoir y avoir de la place pour questionner sa consommation d’alcool en France. »

Le poids des lobbies de l’alcool

Les associations reprochent à l’État de céder aux lobbies de l’alcool, en premier lieu les viticulteurs, qui agitent le spectre d’une campagne hygiéniste et inadaptée à « l’art de vivre » à la française. Du côté de Santé publique France qui, selon plusieurs sources, avait failli se lancer dans la campagne pour sa première année en 2020, mais y avait renoncé in extremis, le jeu d’équilibriste perdure.

L’agence, qui dépend du ministère de la Santé, ne cache pas son intérêt pour le « Dry January » ; elle a mené plusieurs enquêtes sur son déroulement et son vécu par les participants. Mais elle se tient éloignée d’une implication directe.

Santé publique France se place « en soutien » des organisateurs du « Dry January », expliquait à l’automne, sa directrice générale Geneviève Chêne, mettant l’accent sur d’autres campagnes de l’agence contre les risques liés à l’alcoolisme. Ces opérations publiques sont, toutefois, plus axées sur les risques liés aux comportements, agressivité, danger sur la route, que ceux qui touchent directement la santé des buveurs.

Or, ces risques pour la santé sont souvent mal appréhendés, comme en témoigne une incompréhension fréquente sur le « Dry January ». La campagne ne concerne pas que les gros buveurs, car une consommation modérée, mais régulière représente aussi un risque pour la santé.

À écouter: La France a-t-elle un problème d’alcool?

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